CONTACT
  • CLINIQUE VÉTÉRINAIRE DES TERMES
    ZA DES TERMES RD 908
    13 124 PEYPIN
  • 04 42 62 14 96

HORAIRES
DU LUNDI AU VENDREDI
matin : 9h à 12h30
après-midi : 14h à 19h

SAMEDI
9h à 16h sans interruption

APPEL D'URGENCE
les urgences sont assurées les DIMANCHES, NUITS ET JOURS FÉRIÉS sur appel téléphonique au :
04 42 62 14 96
Nous suivre sur Facebook
Les Conseils

LES DERMATITES ALLERGIQUES CHEZ LE CHIEN ET LE CHAT

EDITO
Dr Vétérinaire Marc VEILLY
Les dermatoses allergiques sont particulièrement fréquentes chez le chien et le chat .Elles se définissent par une réaction inflammatoire de la peau d'origine immunologique vis-à-vis de substances variées, appelées allergènes, présentes dans l'environnement immédiat de l'animal ou dans des aliments. Une prédisposition raciale, voire familiale, est nettement observée. Le diagnostic n'est pas facile à établir. Toutefois, les progrès accomplis en médecine vétérinaire permettent, à l'heure actuelle, de proposer des traitements adaptés afin de diminuer les effets de ces dermatoses et de permettre ainsi à l'animal de vivre dans des conditions acceptables au quotidien.


Les dermatoses allergiques se manifestent par des démangeaisons parfois intenses et des symptômes cutanés variés (érythème, poil terne, croûtes). Des complications infectieuses par des bactéries et des levures viennent souvent se surajouter et exacerbent les démangeaisons initiales. Les allergènes impliqués sont variés : Piqûres d'insectes (puces), acariens de la poussière de maison, certains pollens, aliments. Les allergies médicamenteuses et les allergies de contact sont beaucoup plus rares. L'identification des allergènes n'est pas simple et exige une démarche rigoureuse de la part du vétérinaire. Des examens complémentaires (intradermo, réactions dosage d'immunoglobulines spécifiques) sont possibles - excepté pour les allergies alimentaires - mais l'interprétation de ces tests n'est pas toujours aisée. Les états allergiques persistent pendant toute la vie du chien ou du chat. Par conséquent, le traitement consiste seulement à diminuer leur expression clinique. Souvent complexe et long, le traitement repose, lorsque c'est possible, sur l'éviction de l'allergène responsable. Dans le cas contraire, seul le traitement des démangeaisons et des complications infectieuses peut être pris en compte.

Dermatite par allergie aux piqûres de puce (DAPP)

Définition
La dermatite par allergie aux piqûres de puce constitue la dermatose allergique la plus fréquente chez le chien et chez le chat. Elle est due à l'exposition répétée et intermittente de l'animal à des piqûres de puce. Les substances allergisantes sont contenues dans la salive de l'insecte. Sur des animaux allergiques, il ne faut pas un grand nombre de piqûres pour entraîner des symptômes, seules quelques piqûres régulières suffisent. L'animal sensibilisé l'est pour toute sa vie. La conséquence majeure est la réapparition des symptômes dès que l'animal est recontaminé par des puces.


Symptômes
Les symptômes se manifestent généralement en été et à l'automne mais en l'absence d'hivers rigoureux, il n'est pas rare d'observer des symptômes cutanés sur les chiens et les chats allergiques en saison hivernale. Chez le chien, ils se caractérisent par des démangeaisons souvent intenses et des dépilations sur le dos, les lombes et à la base de la queue. Dans un second temps, celles-ci progressent sur le ventre. D'autres symptômes - poil terne, pellicules, croûtes, aspect gras de la peau - sont également observés. Des complications infectieuses sont fréquentes dans les cas anciens et ne font qu'aggraver les démangeaisons. Chez le chat, les signes cliniques se traduisent essentiellement par des démangeaisons importantes, des petites papules et des petites croûtes disséminées sur tout le corps - portant le nom de dermatite miliaire - ou des dépilations sur le tronc où les poils sont abrasés à cause de l'exacerbation du léchage : on parle alors d'alopécie (chute du poil) auto-induite. On peut également observer des plaques épaissies, jaunâtres sur le ventre et la face interne des cuisses qui sont responsables d'un léchage parfois frénétique.


Diagnostic
Le diagnostic est fondé sur la connaissance du mode de vie de l'animal, la présence ou non de chats ou de chiens dans son environnement, l'éventuelle saisonnalité, les symptômes évocateurs. L'examen rapproché de la peau et le brossage de l'animal grâce à un peigne à puces permet de visualiser les puces adultes ou leurs déjections (petites concrétions brunâtres) qui ne sont pas toujours si nombreuses que cela. L'état allergique peut être mis en évidence à l'aide d'intradermo- réactions (qui consistent à injecter par voie intradermique un concentré d'extrait total de puce et de regarder l'apparition d'une papule rougeâtre au point d'injection 20 minutes plus tard et/ou d'un petit épaississement 48 heures plus tard). Toutefois, leur interprétation est parfois délicate car certains chiens allergiques à la salive de puce présentent des réactions négatives.


Traitement
Le traitement consiste à éliminer les puces le plus rapidement possible, ce qui n'est pas toujours évident, même si on dispose désormais de produits antipuces très efficaces. Le vétérinaire prescrit un traitement insecticide draconien qui inclut non seulement le chien ou le chat atteint mais aussi les chiens et les chats vivant avec lui, ainsi que les formes immatures (œufs, larves, cocons) présentes dans l'environnement par un nettoyage énergique et l'utilisation de produits spécifiques. Il convient également de diminuer les démangeaisons par un traitement anti-inflammatoire par voie orale (les anti-inflammatoires par voie injectable sont formellement déconseillés) pendant quelques jours en l'absence de complications infectieuses. Lors de surinfections, une antibiothérapie sera prescrite. L'amélioration clinique est généralement obtenue en 2 semaines. La prévention est essentielle et repose sur un traitement antipuces permanent tout au long de l'année. Seul le vétérinaire saura conseiller le propriétaire dans le choix des produits antipuces à utiliser. Leur prescription doit absolument être personnalisée en fonction du contexte environnemental (nombre d'animaux dans le foyer, type d'habitat, etc...)


Dermatite atopique canine

Définition
La dermatite atopique canine est une dermatose prurigineuse (responsable de démangeaisons) récidivante du jeune adulte (début entre 6 mois et 3 ans), caractérisée par une atteinte de la face et des membres. Cette dermatose est liée à une prédisposition génétique à développer des réactions allergiques à des allergènes (substances auxquelles l'animal est allergique) de l'environnement. Cette définition peut s'étendre aux allergies alimentaires. Ces allergènes pénètrent par voie percutanée, respiratoire et pour les allergies alimentaires, par la paroi intestinale. La prédisposition génétique s'exprime par une prédisposition raciale et familiale. Les races communément citées sont le fox terrier, le Jack Russel  terrier, le West Highland white terrier, labrador retriever, le bouledogue français, le shar peï, le boxer, le dalmatien, mais la liste n'est pas limitative. Les allergènes responsables sont principalement les acariens de la poussière de maison; le plus allergisant est Dermatophagoides farinae. Les pollens allergisants sont plus rarement incriminés: les pollens d'arbres (le pollen de bouleau dans le Nord de l'Europe, le cyprès en région méditerranéenne), les pollens de graminées et les pollens d'herbacées (l'ambroisie, le plantain, l'armoise, le chénopode et la pariétaire). Les aliments les plus souvent incriminés sont des viandes (boeuf, poulet, agneau), l'œuf, les produits laitiers, mais toute protéine d'origine alimentaire est potentiellement allergisante.


Symptômes
Il
s se caractérisent par un prurit localisé de la face (oreilles, lèvres, région péripalpébrale) et/ou aux doigts et/ou aux grands plis (ars, région inguinale, périnée) et des lésions primaires, érythème ou papules, avec parfois une discoloration des poils due au léchage. Le chien se gratte, se lèche les extrémités podales, se frotte la face sur le sol ou sur les meubles. Lors d'évolution ancienne, les lésions plus étendues sont la conséquence de ces démangeaisons: excoriations, dépilations, hyperpigmentation, odeur rance. La plupart des chiens atteints évoluent vers cette forme en l'absence de traitement. Les complications infectieuses par des bactéries et des levures sont fréquentes. D'autres symptômes peuvent être observés: rhinite, conjonctivite, diarrhée et vomissements lors d'allergie alimentaire. Les formes atypiques sont souvent localisées : otite isolée, léchage des pieds. Ces manifestations isolées existent avant que les démangeaisons ne deviennent un motif de consultation.

Diagnostic
Le diagnostic repose d'abord sur l'analyse de l'historique de la dermatose (les éléments du questionnaire les plus importants à prendre en compte dans le cadre du diagnostic allergologique sont le régime alimentaire, l'état des selles, la présence de congénères, le type d' habitat, les variations saisonnières et les variations selon le lieu de séjour) et les symptômes évocateurs. Excepté pour les allergies alimentaires pour lesquelles il n'existe aucun examen complémentaire (en dehors du régime d'éviction alimentaire) pour déterminer l'aliment responsable, l'identification des allergènes responsables passe par la réalisation d'intradermoréactions ou celle du dosage d'immunoglobulines spécifiques d'allergènes (= recherche d'anticorps témoins de la présence des allergènes). Leu r interprétation est parfois délicate et doit s'inspirer absolument de l'enquête allergologique effectuée par le vétérinaire.


Traitement
La mise en place d'un régime d'éviction alimentaire est indispensable mais nécessite une grande motivation du propriétaire. Le principe d'un régime d'éviction repose sur l'administration d'une ration contenant des protéines que l'animai n'a jamais ingérées auparavant. Les préparations ménagères sont basées sur l'utilisation d'une seule source de protéines (cheval, canard ou poissons blancs) et d'une seule source de glucides (pommes de terre, tapioca). Leur appétence est souvent meilleure que celle des aliments industriels secs. Il existe une multitude d'aliments industriels affichant une indication « hypoallergénique » ou « pour dermatites allergiques ». Les aliments dont les protéines proviennent exclusivement de sources sélectionnées (silure, canard ...) et les aliments formulés à partir d'hydrolysats protéiques sont en principe moins allergéniques que des préparations non hydrolysées. L'avantage des aliments industriels adaptés est leur facilité d'emploi. La durée du régime d'éviction alimentaire est de 6 à 8 semaines, au mieux de 10 à 12 semaines. Si aucune amélioration n'est constatée, il est alors inutile de poursuivre le régime. Le traitement long et complexe repose surtout sur le contrôle des infections (bactériennes et fongiques) et des causes allergiques (désensibilisation spécifique qui donne des résultats satisfaisants de l'ordre de 65%, régime hypoallergénique). Le traitement symptomatique à court terme repose sur une corticothérapie locale ou générale et celui au long cours sur le recours à des doses minimales de corticoïdes ou à la ciclosporine (uniquement dans des cas graves). Tous les chiens atteints de dermatite atopique doivent recevoir un traitement antipuces efficace et permanent. La réalisation de shampooings adaptés prescrits par le vétérinaire est importante à raison d'un shampooing hebdomadaire. Leur but est d'éliminer les substances allergiques, de nettoyer la peau, de réduire la population de bactéries et de levures et de restaurer les moyens de défense locaux de la peau (restauration de la barrière lipidique). Le suivi à long terme est capital et nécessite une étroite collaboration entre le propriétaire et le vétérinaire. L'éducation du propriétaire à la maladie souvent chronique de son chien est essentielle. L'utilisation d'un carnet de suivi thérapeutique peut constituer un excellent moyen pour motiver le propriétaire.


LEXIQUE

Lombes : régions du dos situées de chaque côté de la colonne vertébrale, au-dessus de la cage thoracique.
Région péripalbérale : région située autour des paupières.
Ars : région de l’épaule.
Région inguinale : région de l’aine.
Podal : région du pied.
Excoriation : légère écorchure.
Silure : famille de poissons dont fait partie le poisson-chat.
Hydrolysat protéique : résultat de l’hydrolysation protéique qui consiste à couper les éléments constitutifs d’une protéine en morceaux de taille réduite.
Ciclosporine : médicament immunosuppresseur (inhibition de l’immunité).
Démodécie : maladie de peau due à l’infestation des follicules pileux par un acarien (demodex canis).



Dermatites par allergie de contact

Définition

Les dermatites par allergie de contact sont rares, comparativement aux deux dermatoses évoquées précédemment, sans doute parce que le chien est protégé par le pelage. Pourtant, elles demeurent pour certaines surdiagnostiquées. Les principales sources incriminées sont le ciment, certains révêtements de sol et certains produits d'entretien, plus rarement des médicaments appliqués localement.


Symptômes
Les symptômes se caractérisent par des lésions inflammatoires, prurigineuses, généralement dans les zones sans poil en contact avec les substances responsables: le cou, le ventre et les espaces interdigités. Le diagnostic est difficile et exige une enquête allergologique minutieuse. Le recours à des tests allergologiques (patch tests) sont de réalisation et d’interprétation délicate. Le traitement repose bien sûr sur l'élimination de la substance responsable, des soins locaux anti-inflammatoires et émollients et éventuellement une thérapeutique anti-inflammatoire de courte durée par voie orale.


CONCLUSION
Les dermatoses allergiques doivent être suspectées dès qu’un chien ou un chat présente des démangeaisons fréquentes, récidivantes ou chroniques, même si d’autres causes parasitaires (gale, démodécie etc…) doivent être également recherchées. Ceci nécessite une consultation chez le vétérinaire qui confirmera le diagnostic ou non et essaiera, grâce à une collaboration étroite avec le propriétaire, de proposer un traitement adéquat et adapté à) chaque cas.


 

Sources:
Directeur de la publication: Yvette Schmidt - Rédacteur en chef: Dr Marc Veilly
Editeur: Masterfoods - BP7 - 45 550 St-Denis-de-l'Hôtel
Ce dossier a été réalisé en collaboration avec le Syndicat National des Vétérinaires d'Exercice Libéral, le Syndicat des Vétérinaires de la Région Paris-Ile-de-France et l'Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie.
Réalisation: Créaset - Orléans





< Retour sommaire

Précédent Suivant