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Les Conseils

ACTUALITÉS DE LA RAGE

EDITO
Dr Vétérinaire Marc VEILLY
Bien que notre pays soit indemne de rage depuis 2001, une alerte a été déclenchée en 2004 dans le Sud-ouest en raison de l'importation illégale de deux chiens suspectés d'avoir contaminé plusieurs de leur& congénères. Pendant quelques semaines, les services vétérinaires et la police se sont efforcés par tous les moyens de retrouver ces chiens, en raison du danger qu'ils étaient susceptibles de faire courir à la population. La rage demeure donc une maladie d'actualité, ce qui justifie de rappeler ce que tout propriétaire d'animal familier doit savoir pour ne prendre aucun risque.


La rage est une maladie très grave commune à l'homme et aux animaux. C'est une zoonose particulièrement préoccupante dans les pays où elle existe à l'état endémique: elle tue encore chaque année plusieurs milliers de personnes dans le monde. Mais elle est bien contrôlée dans les pays de l'Europe de l'Ouest, par l'observation stricte de mesures de prophylaxie médico-sanitaires.

Définition de la Rage
La rage est une maladie infectieuse due à un virus inoculé le plus souvent à l'animal ou à l'homme par l'intermédiaire d'une morsure d'animal dont la salive est infectante, parfois à la faveur d'une lésion traumatique. Tous les mammifères domestiques ou sauvages, ainsi que l'homme, peuvent être infectés par le virus rabique qui détermine dans toutes ces espèces une encéphalomyélite mortelle dans pratiquement tous les cas. Dans l'espèce humaine, lorsqu'elle a donné lieu aux premiers symptômes, cette maladie est toujours mortelle. En revanche, on peut parfaitement éviter la maladie à l'aide de vaccins utilisés pendant la période d'incubation. Lorsque le virus est inoculé, il se multiplie et infecte les cellules nerveuses, envahissant progressivement le cerveau et l'ensemble du système nerveux. Les glandes salivaires sont également le siège d'une importante multiplication du virus, ce qui explique le rôle des morsures dans la transmission de la maladie alors même que l'animal infecté ne présente encore aucun symptôme.

LEXIQUE

Zoonose : maladie animale transmissible à l’Homme.
Prophylaxie : méthode visant à protéger contre une maladie, à la prévenir.
Encéphalomyélite : inflammation conjuguée de l’encéphale et de la moelle épinière.
Méningo-encéphalite : inflammation simultanée de l’encéphale et des méninges.
Population vulpine : population des renards.


Période d’incubation
L'incubation de la maladie - délai entre la morsure et les premiers symptômes - varie considérablement d'une espèce à l'autre et au sein d'une même espèce. Chez le chien, l'incubation dure de 15 à 60 jours en moyenne mais on a constaté des incubations s'étendant de plusieurs mois à plusieurs années. Dans cette espèce, l'atteinte du système nerveux par le virus rabique se traduit soit par une période d'agressivité précédée par des modifications du comportement et de la voix (rage furieuse), soit par diverses paralysies évoluant vers une généralisation (rage paralytique). La durée totale de l'évolution depuis les premiers symptômes jusqu'à la mort varie de deux à six jours (en moyenne cinq jours). Chez le chat, les symptômes sont comparables à ceux du chien mais la mort survient en 2 à 4 jours en moyenne après les premières manifestations cliniques. Dans les autres espèces (bovins, porc, cheval), la rage évolue également en quelques jours après une période d'incubation de durée variable mais longue. Les autres mammifères sauvages notamment le renard – sont égaiement très sensibles à la rage et contribuent à entretenir la présence du virus. Il faut souligner le cas très particulier des chauves-souris qui peuvent être infectées et présenter ou non des signes cliniques. Ces animaux peuvent également transmettre la maladie à l'homme par morsure; toutefois, on estime que la probabilité de contamination de la population est extrêmement faible, sauf pour les personnes qui seraient amenées à manipuler régulièrement des animaux de cette espèce. Dans l'espèce humaine, la rage se traduit par une méningo-encéphalite aiguë évoluant en 2 à 10 jours sous forme spasmique ou sous forme paralytique, après une période d'incubation comprise, en moyenne, entre 34 et 90 jours. En pratique, le réservoir de virus à partir duquel les hommes peuvent être infectés est représenté par les animaux malades et par les animaux excréteurs de virus dans leur salive avant qu'ils ne manifestent les premiers symptômes. Cette connaissance de l'excrétion pré-symptomatique du virus permet de comprendre et de justifier les mesures prises pour la surveillance de tout animal mordeur. Par exemple, chez le chien, le virus peut être excrété dans la salive da\. les 10 jours précédant les premiers symptômes. Chez le renard, le virus peut être retrouvé dans la salive 29 jours avant le stade clinique de la maladie. Un animal en bonne santé apparente mais en incubation de rage peut parfaitement contaminer un autre animal ou l'homme: le seul moyen de savoir si, au moment de la morsure, l'animai mordeur pouvait être excréteur de virus est de le placer sous surveillance. Plus le temps écoulé entre la morsure et l'apparition des symptômes chez l'animal mordeur est grand plus faibles sont les risques pour la personne mordue.

Prophylaxie de la rage

Protection des personnes mordues

Que doit-on faire en cas de morsure par un carnivore domestique?
• Si l'animal est en bonne santé apparente, la surveillance sanitaire de ce dernier pendant 15 jours permet, au bout de ce délai, d'éliminer tout risque de contamination de la personne mordue puisque, sauf cas rarissime, la salive du mordeur contient du virus au maximum dans les 15 jours précédant les premiers symptômes. Cette surveillance est exercée par un vétérinaire agréé par l'administration (titulaire du mandat sanitaire). En France, la réglementation prévoit à juste titre 3 visites de contrôle de l'animal mordeur: une aussitôt après la morsure, une deuxième 7 jours plus tard et une troisième encore 7 jours plus tard (le tout se déroulant sur une période de 15 jours). Cette mise en observation de tout animal mordeur est la mesure essentielle pour prévenir la maladie dans l'espèce humaine. Wi l'animal présente des symptômes suspects, le médecin prendra la responsabilité de soumettre son patient à un traitement vaccinal dont l'efficacité est excellente, sous réserve qu'il soit mis en œuvre avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie.
• Si l'animal en observation meurt, un prélèvement des centres nerveux sera réalisé et envoyé dans un laboratoire agréé qui sera en mesure de confirmer ou d'éliminer la suspicion de rage.


Mesures sanitaires
L'importance de la rage, due à son extrême gravité en raison de l'absence de traitement lorsqu'elle est déclarée, justifie des mesures préventives strictement réglementées. Ces mesures de prophylaxie sanitaire font d'abord appel à l'interdiction de l'introduction sur notre territoire de tout animal pouvant être en incubation de rage (certificat sanitaire attestant que l'animal est en bonne santé et qu'il provient d'un pays indemne de maladie). Dans les départements où la rage existe à l'état enzootique, les chiens errants non identifiés, non vaccinés 1 correctement contre cette maladie sont· capturés et font l'objet d'une euthanasie. En revanche, dans les départements indemnes (cas de la France métropolitaine actuellement), les chats et chiens capturés et non réclamés par leur propriétaire peuvent être placés en refuge et ensuite proposés à l'adoption. On a également cherché à réduire la densité des animaux vecteurs dans les régions frontalières: cette mesure appliquée au renard s'est révélée peu efficace; c'est pourquoi on lui préfère la vaccination de la population vulpine à l'aide de vaccins utilisables par voie orale, distribués par hélicoptère. Cette technique a été utilisée en France avec succès.

Prophylaxie médicale chez les carnivores domestiques
La prophylaxie médicale chez les carnivores domestiques se fait à l'aide de vaccins inactivés, c'est-à-dire ayant perdu tout caractère pathogène. Certains de ces vaccins comportent un adjuvant destiné à renforcer leur pouvoir vaccinal. La primo-vaccination se fait en une injection pour les vaccins adjuvés et en deux injections espacées de 15 à 30 jours pour les vaccins non adjuvés. Un premier rappel doit avoir lieu un an plus tard. Le calendrier des rappels ultérieurs dépend des caractéristiques du vaccin figurant dans l'arrêté de mise sur le marché. La vaccination est obligatoire pour les chiens et les chats importés en France, ou y revenant, ou introduits en Corse ou dans un département d'Outre Mer en provenance de la France continentale. Elle est obligatoire pour les chiens et chats se rendant dans un pays de la Communauté européenne ou au Royaume-Uni, pour les lévriers engagés dans des courses publiques et pour les animaux introduits dans un camping ou dans un centre de vacances. De même, la vaccination est obligatoire pour les chiens réputés dangereux (selon la loi du 6 janvier 1999). La vaccination antirabique a largement démontré son efficacité globale pour réduire l'incidence de la maladie et même pour la faire disparaître dans une espèce considérée. Cependant, on ne peut affirmer qu'en aucun cas un animal vacciné ne peut être infecté. C'est pourquoi tout animal mordeur, même vacciné, doit faire l'objet d'une surveillance sanitaire pendant 15 jours.

Circulation des carnivores domestiques

Les dispositions réglementaires pour la circulation des carnivores domestiques ont fait l'objet du règlement européen 998/2003 du 26 mai 2003. Dans tous les cas, les animaux accompagnant un voyageur au sein de la Communauté européenne doivent être identifiés par tatouage ou à l'aide d'une micropuce et doivent être titulaires d'un passeport délivré par un vétérinaire habilité. Lorsque l'animal provient d'un pays tiers indemne de rage, il doit être identifié et accompagné d'un certificat de vaccination antirabique en cours de validité; s'il a moins de 3 mois, il doit être accompagné par sa mère. Pour les animaux accompagnant un voyageur arrivant d'un pays tiers non indemne de rage, les exigences sont les mêmes que ci-dessus avec, en plus, l'obligation de présenter un certificat de titrage des anticorps sériques neutralisant le virus rabique mentionnant un titre au moins égal à 0,5 unités internationales par millilitre et ceci plus de 30 jours après la vaccination. En outre, un délai de 3 mois entre la prise de sang et le départ est nécessaire. La Grande Bretagne, L'Irlande et la Suède exigent le titrage sérique des anticorps, même pour les animaux provenant de la Communauté européenne. L'importation des carnivores de moins de 3 mois à partir d'un pays non indemne de rage est interdite.

Mesures à l'égard des animaux suspects d'être contaminés
Un point particulier a fait l'objet de nombreuses discussions lors de l'été 2004 : quelle attitude doit-on adopter à l'égard d'un animal correctement vacciné qui a été mordu ou griffé par un animal enragé ou par un animal suspect de rage? Alors qu'un animal non vacciné doit faire l'objet d'une euthanasie obligatoire, l'animal vacciné pourra être conservé à condition de recevoir une injection de rappel de vaccin antirabique dans les 5 jours suivant le contact avec l'animal infecté. Cette procédure nécessite l'autorisation du Directeur Départemental des Services Vétérinaires ; l'animal sera mis sous surveillance pendant 3 mois, à raison d'une visite vétérinaire à la fin de chaque mois. Enfin, le propriétaire doit s'engager à conserver son animal pendant une période de 12 mois et à signaler tout symptôme de maladie. En cas de mort de l'animal pendant le délai, son cadavre devra être remis au vétérinaire sanitaire responsable de la surveillance.

LEXIQUE

Anticorps : substance engendrée par l’organisme à la suite de l’introduction, dans celui-ci, d’un antigène.
Sérique : dans le sérum.
Sérum : liquide se séparant du caillot après coagulation du sang.
Pays tiers : pays hors de la Communauté européenne.


CONCLUSION
La rage étant une maladie très grave, aucun risque ne doit être pris. Si vous avez été mordu par un animal que vous soupçonnez d’être contaminé par la rage ou si votre propre compagnon à 4 pattes l’a été, consultez sans attendre votre médecin et/ou vétérinaire. Chacun prendra aussitôt les mesures qui s’imposent.


 

Sources:
Directeur de la publication: Yvette Schmidt - Rédacteur en chef: Dr Marc Veilly
Editeur: Masterfoods - BP7 - 45 550 St-Denis-de-l'Hôtel
Ce dossier a été réalisé en collaboration avec le Syndicat National des Vétérinaires d'Exercice Libéral, le Syndicat des Vétérinaires de la Région Paris-Ile-de-France et l'Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie.
Réalisation: Créaset - Orléans





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